dimanche 14 juillet 2013

14 Juillet


J’ai toujours rêvé d’être militaire ou gendarme, c’est comme ça depuis que je suis gosse. Je regarde le défilé chaque 14 Juillet, j’attends les Saint-Cyriens et les Légionnaires ainsi que les Pompiers, j’écoute la fanfare en espérant un jour pouvoir aussi marcher sur les Champs-Élysées.
Je me demande souvent quelle image les gens ont de la gendarmerie ou de l’armée. Ma copine a une sainte horreur de l’uniforme et considère que l’armée représente la mort. Quelque part, je ne peux pas dire qu’elle ait tort, c’est la triste vérité, on envoie des soldats au front et la mort est au rendez-vous, la guerre a toujours été ainsi. Elle me parle souvent de ces gradés qui détruisent psychologiquement leurs soldats, de ces femmes militaires violées, des bizutages qui tournent au harcèlement, du coût inutile de l’armement militaire alors que des gens crèvent de faim dans les rues. Personnellement, je ne sais pas vraiment quoi répondre à ça. C’est une réalité aussi, une réalité que l’on nous cache souvent (n’appelle-t-on pas l’Armée la Muette, après tout ?) et on ne peut effacer cela. Je lui parle de ces hommes et ces femmes loin de chez eux qui crèvent sans que personne ne le sache, de ces gens qui savent qu’ils peuvent partir demain et mourir le jour d’après, je lui parle des militaires et des gendarmes qui sauvent des vies et/ou qui viennent en aide à des personnes en détresse.
Bien sûr qu’il y a des ripoux, des corrompu-e-s, des salauds, des criminel-les dans les armées, il y en aura toujours. Certains pensent que l’uniforme et le flingue leur confèrent une influence prodigieuse et, malheureusement, on ne les voit pas toujours et, même quand on les voit, ils ne sont pas punis à la hauteur de leurs crimes. Mais il y a aussi ceux qui risquent leur vie pour les autres, qui s’impliquent dans leur métier, qui sont intègres et honnêtes, des gens qui n’ont pas oublier la fonction première du militaire (pensée à Petite Bulle ) : être au service de ces concitoyens. TOUS les concitoyens. Être au service de chaque être humain vivant sur le sol français, sans distinction. Mais, avant tout, il y a des êtres humains, avec des familles, des enfants, des amis et une vie qui leur est propre.
L’armée, c’est un peu comme la politique, il y a deux types de personnages : ceux qui veulent servir le peuple et ceux qui veulent se servir du peuple. 

jeudi 4 juillet 2013

Sois heureuse à notre manière !


« Tu sais, nous, on veut seulement ton bonheur, peu importe avec qui. »

Cette phrase, on l’a tous et toutes entendue. De la bouche de nos parents, frères et sœurs ou ami-e-s. Quand on est enfant, qu’on ne connait rien des choses de l’amour et du sexe, cette phrase rassure parce qu’elle prouve l’amour inconditionnel de vos proches : quoi que tu fasses, on t’aime. C’est une super assurance vie, non ?
Sauf qu’en grandissant, en découvrant les défauts de ceux qui, petit-e, nous semblait semblables à des dieux. On les découvre racistes, homophobes parfois, névrosés ou intolérants. Tout d’un coup, cette phrase, vous devinez qu’elle est fausse et que son sens véritable c’est :
« Sois heureuse, mais seulement selon notre propre vision du bonheur ! »
Mon père m’a toujours dit que jamais, ô grand jamais, je ne devais lui ramener de Noir ou d’Arabe à la maison, et encore moins un musulman ! Je me demande comment il réagirait si un jour je rentrais à la maison avec une petite-amie noire, africaine et musulmane, c’est le combo arrêt cardiaque pour n’importe quel raciste. Quoique… si je leur avouais que mon « copain » actuel est en réalité transsexuel, peut-être que ça les choquerait d’avantage. Ils ne me jetteraient pas dehors mais je pense qu’ils seraient déçus, choqués, peut-être écœurés, je ne sais pas mais il n’y a que ceux qui sortent de la norme hétérosexuelle qui se questionnent autant… les gays, les lesbiennes, les trans, les pansexuels, les polyamoureux-ses, les queers, les bis… on vit dans cette peur constante que les gens découvrent cette partie-là de notre intimité. Parce que l’on peut nous rejeter pour ça, nous agresser pour ça, nous tuer pour ça. C’est un peu comme être un super-héros de comic, on cache notre véritable identité parce que cette identité est chassée par des milliers d’individus, chaque jour.
Je ne pense pas que je dirais la vérité à mes parents ou à ma famille. Je l’aime bien, mon petit placard, je m’en contente, par peur, surtout. Surtout par peur.

jeudi 27 juin 2013

Ca titube encore...

Non, ce n'est pas encore ça.
Ils veulent voir si l'implant est bon, ils veulent l'intégralité du dossier, ils disent qu'il faut attendre, qu'il aurait fallu voir avec des médecins militaires si cette opération était valable. Si ça trouve, je me suis fait opérée deux fois en l'espace de deux moix aux yeux pour rien, je ne sais même pas, ça se trouve, on va encore me dire que je suis inapte, que ça ne va pas. Rien ne va chez moi, on dirait.
Je pensais qu'il suffisait de vouloir sincèrement rentrer dans l'armée ou la gendarmerie, de vouloir sincèrement      servir son pays et sa population pour être bien. Mais les recruteurs et les médecins s'en mêlent, les uns disent que c'est bon, ça leur fait du chiffre et des candidats en plus, c'est bon à prendre mais les autres mettent les ola, ils ramassent les pots cassés et toi, candidat-e, tu as le cul entre deux chaises. Prenez rendez-vous là, envoyez-nous ceci, faîtes cela... j'ai l'impression d'être une balle en caoutchouc qu'ils envoient dans tous les sens et qui ne trouve aucune place où enfin elle pourrait se poser. Même pas engagée que, déjà tu es à leur entière disposition pour remplir tous les critères possibles.

samedi 8 juin 2013

Livre grand ouvert


Livre grand ouvert
La tête dans les pages
L’esprit dans des nuages
Formés de milles images
Rêves de lumière
Pour un cœur solitaire
Cette grande bulle d’air
Où j’inspire et j’espère
Les yeux remplis de larmes
Ces mots qui me désarment
Forment la révolution
D’esprits en perdition
Dans un monde sans couleurs
Dans les livres, la saveur
D’un humain meilleur
Au bout de la plume
Une nouvelle humanité, une grande vague
Qui engloutit le chaos
Dans l’écume des mots
Livre grand ouvert
Pages, emportez-moi
Des feuilles pour mes ailes
De l’encre pour mes larmes
Et de l’espoir pour les miens.

vendredi 7 juin 2013

Réflexion patriotique


Peut-on être patriote sans être xénophobe ? Peut-on être fier de la culture et des valeurs de son pays, de sa région, sans tomber dans un rejet perpétuel de ce qui se démarque de cette culture ?
Oui, milles fois oui.
Je suis Française, j’aime mon pays, sa culture, ses valeurs, son histoire. Je suis toujours curieuse des cultures régionales et de leur langue et je ne veux pas qu’elles disparaissent même si, malheureusement, cela arrivera peut-être un jour. Néanmoins, je peine à comprendre toutes ces histoires d’identité nationale, cette droite et cette extrême –droite qui s’insurgent contre les mosquées, l’islam, l’immigration et qui font croire qu’elles s’inquiètent de la perte de ce qu’elles nomment « les valeurs françaises ».

Soyons clairs, pour moi, quand tu porte une chose au rang de valeur, c’est que tu y crois. Sincèrement. C’est ancré en toi et ce jusqu’à la mort. Alors expliquez-moi en quoi des immigrés maghrébins, des Roms, des gitans ou je ne sais quelle autre catégorie que vous considérez comme dangereuse sont une menace pour vos valeurs ? Expliquez-moi en quoi croiser une femme voilée dans la rue ou bouffer un kebab brise vos convictions ? S’il vous en faut si peu, alors vos valeurs sont du vent, un simple prétexte pour justifier un racisme et une xénophobie de plus en plus exacerbés.
Je préfère que des mosquées soient construites pour que chaque croyant puisse prier dans un lieu propice à cette activité, en compagnie d’autres musulmans plutôt qu’ils prient dans la rue. Oui, la France est un pays laïc, même si cette laïcité semble être à géométrie variable : Civitas qui se rassemble pour prier en plein Paris contre le mariage pour tous, ça choque personne ? Ah bon ? Des femmes voilées agressées en pleine rue à cause de leur voile ou qui sont renvoyées ou automatiquement classées dans la catégorie des femmes battues et soumises, tranquille Émile ?
Quant à la culture, celle importée par les immigrées, il n’y a rien de plus naturel. Ils arrivent en France avec leur histoire, leur vécu, il est impossible de leur demander de les chasser de leur vie sous le prétexte d’intégration. Pourquoi leur culture et la nôtre ne pourraient-elles pas cohabiter et s’enrichir mutuellement ? N’avons-nous pas, après la Seconde Guerre Mondiale, accepté et intégré une grande partie de la culture anglophone et étatsunienne ?
Depuis quelques années, il y a toute cette histoire autour de l’identité nationale, de cette question sur ce qu’est être Français. J’ai mis le temps mais je pense que j’ai finalement une réponse à cette question. Être Français, c’est respecter les Droits de l’Homme, c’est être fier des mots Liberté Égalité Fraternité, c’est aimer ce pays et laisser les autres l’aimer sans regarder leur religion, leur ethnie, leur origine, leur couleur de peau ou leur sexualité. Être Français, se sentir français est pour moi quelque chose d’universel et qui n’appartient pas qu’à une élite sociale cloîtrée dans sa peur de l’autre.

Je n’ai pas besoin d’être raciste, islamophobe ou xénophobe pour aimer la France. Je n’ai pas peur de l’étranger, je l’accueille en ami parce qu’il est aussi humain que moi. Je peux accrocher un drapeau français à ma fenêtre et sourire en voyant des drapeaux algériens, tunisiens, anglais, bretons, allemands, portugais ou autre parce que je crois encore en ce patriotisme qui tend la main aux autres pays et qui respecte chaque peuple et chaque culture. Je n’ai pas à exiger des autres qu’ils aiment mon pays ou mes valeurs, ni de leur imposer.
Chère extrême-droite française, chers nationalistes de tout poil qui caché votre racisme derrière un pseudo-amour de la France, allez vous faire foutre.

mercredi 5 juin 2013

La petite peuplade


Dans la balade de France
Une petite peuplade
Gueule de plus en plus fort
Gueule de plus en plus fort
Elle dit, elle dit :
« La France aux Français et la haine aux commandes ! 
Blanco, catho, bobo et surtout hétéro !
Rien que nous, entre nous, les autres aux cachots ! »
L’irréductible petit peuple, pas gaulois, plutôt galeux
Grandit chaque minute, poussée par le désespoir
L’ignorance et la bêtise d’une jeunesse sans exutoire
Jeunes par les yeux mais leur esprit déjà si vieux
Si vieux que même Pétain en paraît jeune
Si vieux que même Pétain en paraît jeune
Face à ces irréductibles, une bande aux allures de clowns
Se plante devant eux avec leur sourire qui boude :
« Vous vous nourrissez de la misère pour propager votre diatribe
Vous avez p’t’être besoin de rouvrir des livres
Pour comprendre qu’à la fin de tout chapitre
Les fachos finissent toujours à l’eau
Les fachos finissent toujours à l’eau ! 
Si t’as besoin de foutre dehors
Le premier immigré qui passe
Si t’as besoin de foutre dehors
Le premier noir que tu ramasse
Si t’as besoin de foutre dehors
Le premier homo que tu caillasses
T’es pas Français, t’es juste con
T’as pas de fierté, t’as que de la haine
Que tu balances à droite, à gauche ! »
La morale de cette fable
C’est que cette petite peuplade
Doit se souvenir que de tout temps
Les leurs sont toujours tombés de haut
Car les fachos finissent toujours à l’eau
Car les fachos finissent toujours à l’eau.

dimanche 2 juin 2013

Le Hellfest et nos amis les extrémistes de tout poil.


Dans quelques semaines, ce sera le Hellfest, l’un des plus grands événements pour la musique métal et toute la communauté qu’elle possède. Ce qui ne semble être qu’un festival de musique est pourtant, pour certains croyants catholiques, ce festival est l’expression la plus pure de la présence du Diable dans le cœur de la jeunesse. Il y a même des pétitions qui circulent sur Internet, demandant la fin du Hellfest.

Bien sûr, il ne s’agit là que de l’expression d’une minorité extrémiste qui n’a jamais pris la peine de se rendre à un Hellfest, qui n’a jamais parlé à un-e métaleux-euse mais qui continue de voir les fans de métal comme des satanistes finis brûleurs d’églises et tueurs de curés. Autres clichés tenaces : suicidaires adorateurs du démon, dépravés sexuels, gothiques cyniques anti-catholiques… La liste est longue pour eux, très longue. Évidemment, ils oublient totalement les chrétiens qui écoutent et/ou font du métal, se moquent bien de ceux qui ont une passion sincère pour cette musique et son histoire… à la place, ils vous parleront de Varg Vikernes ou des églises brûlées en Norvège il y a 30 ans, sans oublier leur grand ennemi qu’est le black metal.

Je suis une fan de métal. J’aime cette musique parce qu’elle possède une force, une originalité que je ne retrouve nulle part ailleurs. C’est une musique qui me fait rêver, intensément et qui est tellement moins des clichés qui circulent sur elle. Je peux comprendre que certaines chansons puissent choquer, que nos tenues puissent paraître impressionnantes et glauques, que notre musique puisse être parfois surprenante mais je refuse que l’on m’interdise d’écouter cette musique ou d’aller la célébrer avec mes amis sous le prétexte qu’une bande de fous religieux y voient la musique du diable. Je suis athée, je respecte les croyances de chacun, en revanche, j’interdis à cette foi de me traitée de sataniste, de meurtrière, de dépravée juste parce que je n’écoute pas la même musique qu’eux. Je respecte votre religion, pourquoi ne respectez-vous pas ma musique ?